Warhammer - Chaos : Les Plaines de Saverne

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Warhammer - Chaos : Les Plaines de Saverne

Message  Adanedhel le Mar 23 Sep 2008 - 20:52

LES CHRONIQUES DE VARDEK CROM

Les Plaines de Saverne
mai 2006



Récompensé par le prix du meilleur historique au tournoi de Saverne, 14 mai 2006


Comme à son habitude avant une bataille, Vardek Crom le Conquérant sortit de sa tente bien avant l’aube, bien avant ses hommes. Plus qu’une habitude, ce rituel l’emmenant dans tout son campement lui permettait de visualiser son plan de bataille afin d’en trouver la moindre faille. Chacun connaissait les habitudes de Crom, ainsi d’aucun ne négligeait le moindre détail avant de partir au repos. Plus d’un cou avait compris le soin que le Seigneur Kul apportait à sa hache Lola lorsque celle-ci le tranchait facilement de tout son lisse pour une épée laissée hors de son fourreau, un heaume abandonné par terre ou un cheval mal nourri.

Comme à son habitude, Vardek Crom du peuple Kul s’arrêta sur le seuil de sa tente, inspira minutieusement l’air printanier et se para de son vieil heaume avant de se rendre visible à tout noctambule. Seuls les vétérans de son armée connaissaient son visage, Crom ayant compris qu’un brin de mystère ne pouvait qu'amplifier la foi que ses hommes pouvaient lui porter. L’épée en son fourreau, le bouclier dans le dos et Lola en main, Crom commença sa marche comme il partait en guerre.

Comme à son habitude, Vardek Crom, jeune seigneur nordique, prit sur sa gauche. Ici logeaient ses plus fidèles guerriers, les derniers rescapés du peuple Kul. Il y a seulement cinq ans ils étaient plus d’une centaine à parcourir les désolations nordiques aux côtés de leur jeune chef ; une armée réduite de maraudeurs, sans la moindre cavalerie, qui parvint à conquérir un immense territoire sans jamais s’arrêter pour jouir des victoires, mais suivant inlassablement leur seigneur. Le père de Vardek avait été un chef craint et respecté, n’ayant jamais connu la moindre défaite sur le champ de bataille et ayant déjoué plus de tentatives d’assassinats et de renversement que son corps meurtri ne comptait de cicatrices. A la mort de ce terrible chef, des suites d’une blessure à la poitrine lors d’une mémorable victoire à un contre cinq, Vardek, alors âgé de 17 ans, pris la tête de son clan. Les ennemis du père devinrent ceux du fils, mais Vardek, contrairement à son père, n’hésita pas à priver son peuple de bons guerriers car Vardek, contrairement à son père privilégiait le groupe à l’individu. Pour lui, une armée inexpérimentée mais soudée était plus redoutable qu’une autre composée de maîtres d’armes autant rivaux qu’alliés. Et même lorsque son armée serait composée de peuples et de races différentes, il saurait toujours maintenir une cohésion et une grande solidarité – une amitié même – entre ses troupes. Ainsi dès ses premières semaines en tant que chef, Vardek élimina les traîtres avant qu’ils ne puissent organiser son renversement. Conscient qu’il fallait frapper fort et marquer les esprits pour se faire respecter par son peuple, il ne fit pas exécuter ses ennemis selon la tradition des Kuls, à genoux, pieds et poings liées et la tête tranchée par un bourreau, mais les affronta tour à tour lors de duels singuliers. Les leçons de duels, impitoyables et interminables que son père lui infligea eurent raison des six généraux renégats. Mais craignant malgré cet exploit rester dans l’ombre de son terrible père qui défendit sans faillir le territoire Kul, élargissant même ses frontières orientales, Vardek décida dans sa dix-neuvième année ; âge auquel son père était déjà redouté par les ennemis des Kuls ; qu’il allait entrer dans la légende et la tradition orale des peuples du nord. Il n’allait pas, comme le voulait traditionnellement le rôle de chef du clan, protéger le territoire Kul, mais il allait conquérir un royaume qui s’étendrait bien après l’horizon.

Comme à son habitude, Vardek Crom, lorsqu’il passait devant la tente de ses fidèles guerriers, se remémorait ses premiers mois de conquêtes, ses premières batailles, ses premières victoires. De la centaine qui le suivit cinq ans auparavant, ils n’étaient plus qu’une vingtaine, mais cette vingtaine était plus redoutable que la centaine, mieux équipée, mieux protégée, mais surtout plus soudée, des hommes prêts au sacrifice pour leurs frères et leur seigneur. Encore aujourd’hui, alors qu’il était à la tête d’une grande armée, il aimait combattre aux côtés des siens, ressentir l’osmose de l’unité, sentir les épaules de ses amis contre les siennes alors que l’ennemi approchait.

Comme à son habitude, Vardek Crom continua vers l’enclos des chevaux. Les Kuls n’étaient pas un peuple de cavaliers mais Crom apprit la puissance de la cavalerie très tôt dans sa conquête, lors de ce qui reste sans doute la plus difficile de ses batailles. Quelques mois après leur départ, les Kuls affrontèrent une armée exclusivement composée de cavaliers. Rapidement dépassés par la vitesse et l’efficacité de l’ennemi, la débâcle semblait inévitable quand Crom aperçut le chef adverse, fondit sur lui et lui lança un défi, impossible à refuser pour un chef Kurgan. Plutôt la mort que le déshonneur – qui bien souvent d’ailleurs se finit par la mort du déshonoré. Crom ne tarda pas à le terrasser, changeant la défaite en victoire, victoire amère à la vue des nombreux corps Kuls jonchant le champ de bataille. Ce jour-là, Crom eut une révélation qui changea le faciès de son armée. Si avant cette victoire il massacrait les vaincus, à partir de ce jour il les reçut dans son armée. Il ne désirait plus seulement agrandir le territoire Kul mais créer un empire Kurgan, unifié et organisé. Il ne rasa plus les villages mais les laissa sous le contrôle des peuples vaincus et enrôla leurs meilleurs guerriers. Si les premières réactions de son propre peuple furent d’abord hostile à ce recrutement, la confiance qu’ils avaient en Crom fit bientôt changer d’avis ses hommes et la solidarité apparut dans son armée. Ainsi la cavalerie fit son apparition dans l’armée de Crom, et cette armée ne fit que croître et se diversifier.

La tente qui suivait sur l’habituel parcours de Crom était justement celle de ces redoutables cavaliers, aujourd’hui si bien équipés qu’ils étaient appelés chevaliers. Revêtant les mêmes armures lourdes que les guerriers de Crom et leurs chevaux solidement caparaçonnés, le rythme de leurs course résonnant sur le champ de bataille avait causé la fuite de plus d’une unité ennemie. Et ceux qui ne fuyaient pas était généralement écrasés. Ces chevaliers étaient menés par Chanwook à qui appartenait la tente suivante devant laquelle Crom arrêta sa marche. Aujourd’hui encore Chanwook et ses hommes auront un rôle déterminant à l’issue de la bataille. Fils unique maltraité et haineux du chef des cavaliers tué par Crom, Chanwook était devenu en quatre années de guerre plus qu’un ami pour Vardek. Presque un confident, c’est à lui et seulement à lui que le jeune seigneur Kul faisait par de ses doutes, de ses craintes, de ses espoirs. La confiance était entière et réciproque. Nul doute que la perte du chevalier fragiliserait tout l ‘équilibre de l’armée, et bien que Crom en avait conscience, il ne parvenait pas en cette fin de nuit à passer outre son amitié, à ne pas craindre pour la vie de cet ami qui aimait plus que tout les raids sans espoirs. Chanwook n’avait pas qu’une importance militaire dans l’armée de Crom.

Vardek reprit sa marche et adressa un rapide coup d’œil au char, géniale invention de Chanwook qu’il empruntait souvent en fin de bataille pour chasser le seigneur ennemi, avant de tourner devant la plus grande tente du campement, celle du corps de son armée, les maraudeurs, guerriers et cavaliers vaincus et recrutés. De nombreux ronflements et soupirs s’échappaient du dortoir. Même avant une grande bataille, ces hommes sans peur dormaient sans peine. Dans quelques heures, nombreux parmi eux tomberont, mais les vivants dormiront bien la nuit venue. Tels étaient les hommes du nord.

Sous son heaume, Vardek Crom le Conquérant esquissa un sourire. Jamais il ne riait, jamais ne jouissait de la victoire, mais une chose éclairait son visage, la vue d’Ubok le géant. Si celui-ci était attaché, non sans déplaisir d’ailleurs, ce n’était pas pour protéger le campement des sa colère, mais pour éviter qu’il ne se perde à nouveau lors de ses promenades nocturnes. Car un géant, même nigaud comme Ubok, était bien utile lors d’une bataille. Certes il y a bien longtemps que Crom avait renoncé à l’idée de lui apprendre l’art du combat, mais il était cependant parvenu à lui apprendre une chose plus intéressante qui faisait de lui un réel danger pour l’ennemi : le goût de la chair fraîche. Sur le champ de bataille, Ubok servait surtout à effrayer les rangs adverse, mission qu’il remplissait joyeusement en même temps que son garde-manger. Mais ce qui faisait sourire Crom, ce n’était pas seulement le style martial d’Ubok, mais également le souvenir de leur rencontre, il y a déjà plus d’un an. L’armée de Crom, déjà fière et redoutée, était parvenue loin au sud des désolations nordiques. Une nuit le campement fut réveillé par de terribles bruits et les hommes sortant armés de leurs tentes se trouvèrent face à un géant puisant dans les réserves de légumes. D’aucun humain n’osait bouger, effrayés par cette inédite vision, et alors que Crom s’emparait de Lola, Chanwook arrêta le bras de son seigneur et lui désigna le visage du géant. Celui-ci, loin d’être terrifiant, montrait un étonnement niais et une peur des innombrables petits hommes et de leurs cris et insultes. Le géant semblait comme un animal affamé et effrayé et Crom lui promit de la nourriture à foison tant qu’il le suivrait. Bien qu’Ubok ne comprit pas tout, il retint toutefois qu’il aurait à manger. Ainsi l’armée de Crom eut un allié de taille. Crom contemplé un instant le géant dormir paisiblement assis, la tête enfouie dans les genoux et esquissa un nouveau sourire en imaginant la tête de son père s’il avait assisté à ce spectacle.

Son père n’aurait d’ailleurs pas apprécié non plus les habitants de la tente suivante. Bien que plus petits qu’Ubok, n’en étaient pas moins des colosses que ces quatre ogres, autre rencontre insolite de Crom. Quelques mois auparavant, l’armée marchait toujours plus loin vers le sud, approchant désormais des frontières kislévites, lorsque leur chemin croisa celui de quatre ogres en armes. Devant l ‘hésitation de ses hommes, Crom lança un défi au plus ancien des ogres qu’il pensait être le chef. Un plus jeune répondit « Moi Orn du clan Ashrag ne suis plus digne de te combattre et remet ma vie entre tes mains ». Orn était le chef de son clan. Renversé, la tradition voulut que les femmes de sa famille – son épouse et ses quatre filles – soient réduites à l’esclavage alors que les hommes seraient bannis. Ainsi Orn, son père Sarg l’Ancien et ses deux fils prirent la route, condamnés à l’errance et au déshonneur. Crom proposa à Orn de retrouver l’honneur en combattant loyalement pour lui et peut-être un jour retrouver et écraser sa tribu. Orn accepta et depuis les quatre ogres se battent farouchement, même l’Ancien qui porte un vieux drap en étendard, dernier vestige d’une fierté obsolète.

A côté de la tente des ogres grognaient six énormes créatures, mi-chiens mi-loups. Cette meute sanguinaire était la propriété du sorcier Vadchuk, dont la tente jouxtait l’enclos. Vadchuk était le sorcier du père de Crom et bien que le jeune seigneur n’appréciait guère la compagnie des gens de magie, il fallait reconnaître le talent de ceux-ci sur le champ de bataille comme en dehors. Vachuk avait un jeune apprenti dont Crom ignorait le nom et qu’il évitait soigneusement. Mais le jeune sorcier, dont personne ne semblait se souvenir de l’arrivée dans l’armée était parvenu à en changer le chemin. Crom ne pensait plus à son empire depuis ces derniers mois, mais poussé par le jeune sorcier, qui ne s’exprimait que par son maître, et le lien qu’il semblait entretenir avec les dieux, il faisait chemin plein sud pour rencontrer l’émissaire des Dieux, le Fléau tel que l’appelait le jeune sorcier. Crom ne tarda pas devant la tente des sorciers pour regagner la sienne. Sur le seuil, il regarda par dessus son épaule et aperçut au loin les gargouilles, immobiles comme des statues. Crom n’appréciait guère la présence de telles créatures qui semblaient suivre son armée depuis l’arrivée du jeune sorcier, mais il ne pouvait qu’admettre leur utilité indéniable à débusquer les ennemis cachés et les machines de guerre à l’arrière des lignes adverses. Il espérait un jour comprendre la présence de ces créatures démoniaques. Peut-être avaient-elles un lien avec sa rencontre prochaine avec le fléau.

Crom entra dans sa tente et comme à son habitude avant une campagne, il ôta son heaume, s’assit et enfouit son visage dans ses mains pour se concentrer sur la bataille à venir et faire le vide du reste. L’aube se levait, les premiers signes de vie naissaient dans le campement. C’était d’habitude le moment qu’il choisissait pour sortir à nouveau et passer avec ses hommes les quelques heures qui les séparaient de la bataille. Mais aujourd’hui, c’était différent, la bataille n’était pas une bataille ordinaire de plus dans l’avancée de son armée. Il y a quelques semaines, le disciple de Vadchuk lui fit savoir que l’Epée de Sang était sur le point d’être retrouvée, et Crom devait s’en emparer pour l’offrir au Fléau. De nombreux chefs de guerre se dirigeait vers la Sylvanie. L’armée de Crom en avait fait de même, se faisant discret pour éviter toute confrontation pouvant la ralentir. Crom savait qu’il aurait à affronter des créatures dont il ne connaissait que le nom et la réputation, des orcs sanguinaires aux redoutables elfes et bien sûr les « morts qui marchent » et autres hommes-rats. Comment ses hommes allaient-ils réagir devant de tels adversaires, eux qui n’avaient alors affronter que des hommes ?

Crom releva la tête quand Chanwook entra. « Seigneur, le moment est venue, la légende vous attend »
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