Valmy.....Mythe et réalité.

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Valmy.....Mythe et réalité.

Message  frederic le Sam 12 Avr 2014 - 12:51

Le dernier Premier Ministre a la semaine dernière fait allusion à cette fameuse " bataille", mais il y en a-t-il eu une?

Déroulement
 
À trois heures du matin, le 20 septembre, les Prussiens et les Autrichiens sont déjà en mouvement et bientôt l’avant-garde prussienne, commandée par le prince de Hohenlohe-Singelfingen, rencontre celle du général Kellermann, sous les ordres du général Deprez-Crassier9, établie en avant du village de Hans pour éclairer cette partie et couvrir la gauche de l’armée. L’attaque prussienne fait prendre conscience qu’il s’agit d’une affaire sérieuse et non d’une escarmouche d’avant-postes, les coalisés veulent en finir et écraser d’un seul coup les deux petites armées qui s’opposent à leur marche.

L’avant-garde prussienne se porte directement sur Hans, entre la Bionne et la Tourbe, tandis que le gros de l’armée remonte la rivière à Somme-Tourbe suivi des Autrichiens du général Clairfayt.

À la première nouvelle de l’attaque de son avant-garde, Kellermann prend aussitôt ses dispositions pour une bataille en règle : il ordonne de plier les tentes, de prendre les armes et de déblayer la route en arrière en faisant filer les équipages par le grand chemin de Sainte-Menehould. Il n’est plus question de repasser l’Auve, le temps presse.

Jusque vers sept heures, un brouillard épais empêche les deux armées de connaître leurs dispositions respectives. Lorsqu’il se dissipe un peu, l’artillerie commence à tirer de part et d’autre1, et le feu se soutient avec vivacité, sans être vraiment meurtrier pour aucun parti. Vers dix heures, Kellermann, placé au centre de la ligne, étudie les manœuvres de l’ennemi lorsque son cheval est tué sous lui d’un coup de canon. Presque dans le même temps, des obus éclatent au milieu du dépôt de munitions et font sauter deux caissons d’artillerie, blessant beaucoup de monde alentour. Dans le désordre ainsi causé, les conducteurs s’enfuient avec d'autres caissons. Faute de munitions, le feu diminue d’intensité. Une partie de l’infanterie opère alors un mouvement de recul et ajoute à la confusion. Kellermann s’y rend en personne, et reprend la première position.

Le duc de Brunswick voyant que le feu de son artillerie n’a pas réussi à ébranler les troupes françaises, veut essayer une attaque de vive force. Vers les onze heures, le feu de ses batteries redouble. Il forme trois colonnes d’attaque soutenues par la cavalerie. Les deux colonnes de gauche se dirigent sur le moulin de Valmy, la droite se tenant à distance. Ces attaques en ordre oblique sont la tactique habituelle des Prussiens.

Kellermann comprend que dans cet état d’esprit, il n’est pas non plus possible de maintenir la discipline tout en restant statique. Aussi, il ordonne d’avancer. Il dispose son armée en colonnes par bataillon. Quand elles sont formées, il les parcourt et leur adresse cette courte harangue : « Camarades, voilà le moment de la victoire ; laissons avancer l’ennemi sans tirer un seul coup de fusil, et chargeons-le à la baïonnette. »

L’armée, pleine d’enthousiasme et déjà aguerrie par une canonnade de quatre heures, répond aux paroles de son général par des cris multipliés de : Vive la nation ! Kellermann lui-même, et alors que soufflé par l'explosion d'un caisson de munitions français il est tombé de cheval, met son chapeau au bout de son sabre et répète : Vive la nation ! en passant devant les troupes sur un nouveau cheval. En un instant, tous les chapeaux sont sur les baïonnettes et un immense cri s’élève de tous les rangs de l’armée. La clameur dure près d'un quart d’heure, est reprise d’un bout à l’autre de l’armée et renaît sans cesse, atteignant une force « qui faisait tremblait le sol »8.

Ces mouvements, cet enthousiasme, annoncent une armée qui brûle de combattre. L’ennemi s’étonne, ses colonnes s’arrêtent : « La victoire est à nous ! » crie Kellermann, et l’artillerie française redouble son feu sur les têtes de colonnes prussiennes[pas clair]. Devant tant de détermination, le duc de Brunswick donne le signal de la retraite.

Le feu continue jusqu’à quatre heures du soir. Encore une fois l’ennemi reforme ses colonnes et essaie une nouvelle attaque. Mais la bonne contenance de l’armée française, son ardeur manifestée par de nouveaux cris, suffit à l’arrêter une seconde fois. Vers sept heures du soir, les coalisés regagnent leurs premières positions, laissant aux Français le champ de bataille. Le lendemain, 21 septembre, Kellermann, dont la position, malgré la retraite de l’ennemi, n’en est pas moins hasardeuse, s’établit sur les hauteurs de Voilemont, son front couvert par l’Auve et sa droite appuyée sur la gauche de Dumouriez.

La bataille est marquée surtout par une intense canonnade (les Français tirent 20 000 coups de canon[réf. nécessaire]) au cours de laquelle la nouvelle artillerie française créée par Gribeauval montre sa supériorité1. Les deux armées ont assisté à la bataille sans vraiment y prendre part. Dumouriez a pris toutes ses dispositions pour venir au secours de Kellermann en cas d’échec, ou pour prendre part à l’affaire si elle devenait générale. Clairfayt s’est contenté de montrer trois têtes de colonnes vers Valmy et Maffrievart pour tenir les Français dans l’incertitude et menacer en même temps la tête du camp de Sainte-Menehould et les derrières de la droite de Kellermann. Avec ses 100 000 Austro-Prussiens engagés contre seulement 24 000 Français, le duc de Brunswick était si sûr de vaincre, qu’il avait cru pouvoir se passer de l’assistance efficace de Clairfayt et des Autrichiens.

Il y a finalement 300 morts côté français, 184 chez les Prussiens.

Portée stratégique et conséquences

La retraite des Prussiens étonne bien des observateurs. Les suppositions vont bon train : le duc de Brunswick n’aurait-il pas été acheté par Georges Danton avec les diamants de la couronne royale de France, volés quatre jours plus tôt (16 septembre 1792) au Garde-Meuble de la Couronne ? Les diamants de la Couronne ont été retrouvés dans l’héritage du duc en 1806. Quelques jours plus tôt, l’invasion de la Pologne par la Russie et l’Autriche a aussi commencé; or la Prusse a besoin de cette armée pour participer au partage. On envisage une négociation entre Dumouriez et Brunswick (absent au début de l'engagement qui n'aurait été qu'un simulacre).

Or, présentée parfois, surtout après la disgrâce de Dumouriez, comme une simple canonnade où la vigueur citoyenne et des tractations occultes auraient fait reculer une armée d'invasion troublée par une dysenterie due à la consommation de raisins verts ou de mirabelle, la victoire de Valmy est toutefois aussi le résultat des choix du commandement qui permirent de rétablir une situation stratégique compromise.

Avant la bataille, les débris vaincus de troupes françaises inexpérimentées venaient de perdre leurs chefs et leurs places fortes et reculaient devant une armée entraînée, deux fois plus nombreuse, qui n'avait plus d'obstacle vers l'ouest pour prendre Paris et y libérer Louis XVI. La défense même de la capitale, retardée par le veto du roi, semblait incertaine, dans le chaos politique de la mise en place de la Convention.

La manœuvre de Dumouriez qui concentre ses troupes sur les arrières de l'ennemi, est un choix tactique qui :
facilite la jonction avec Kellermann ;
coupe potentiellement l'approvisionnement et les communications de l'armée d'invasion ;
permet de prendre pour terrain de la bataille décisive un plateau favorable au déploiement de l'artillerie, seul point fort des troupes françaises ;
met les forces françaises dans une situation où il leur suffit de tenir le terrain alors que l'ennemi doit les disperser complètement pour pouvoir poursuivre son mouvement.

Continuer vers l'ouest pour Brunswick, en ignorant les armées françaises aurait en effet été dangereux : il aurait pu se faire prendre à revers lors du siège de Paris qu'il allait conduire. Il lui était également impossible de temporiser, car il risquait d'être pris en tenaille par une sortie des Parisiens, sans être ravitaillé. Il lui fallut donc se confronter au plateau choisi par les Français, cas inhabituel d'une armée contrainte au demi-tour après avoir pourtant forcé le passage. N'ayant pas pu disperser les Français, il n'eut d'autre choix que de repasser au nord-est, pour retrouver ses liaisons avec ses arrières. Les troupes de Dumouriez pouvaient alors le poursuivre et être renforcées depuis la capitale par la levée en masse de la nouvelle République.

Éric Hazan relève l’importance de la clameur, qui permet de remporter la bataille. Certes, le gain est faible, car l’armée prussienne est intacte, la route de Paris est toujours ouverte et sans défense10.

Plus que la valeur tactique de la défense du plateau (liée surtout à la puissance de l'artillerie), plus même que le caractère du commandement (Kellermann dynamisant des recrues et évitant la panique) ou que l'enthousiasme des troupes, c'est cette manœuvre stratégique (peut-être involontaire ?) qui est à mettre au crédit du général dans ce « miracle de Valmy ».

Le 21 septembre 1792, la nouvelle parvient à Paris. Assurée de la sauvegarde du pays, sûre de sa force, la Convention nationale proclame l'abolition de la royauté, à laquelle se substitue la République. Kellermann passe pour le sauveur de la patrie. 80 000 ennemis, qui avaient marché comme en triomphe, reculent alors et l’armée française inexpérimentée, devant des soldats aguerris et disciplinés, s’aperçoit que le courage et le patriotisme peuvent la rendre redoutable. La bataille de Valmy est donc à l’origine du mythe du citoyen en arme qui fonde la conscription (ou service militaire). Les conséquences de cette bataille furent l’évacuation du territoire français par l’armée coalisée le 22 octobre suivant. Goethe, qui a assisté à la bataille aux côtés du duc de Saxe-Weimar a affirmé en 1822 avoir prononcé alors ces mots prophétiques : « D’aujourd’hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l’histoire du monde ». En réalité cette formule pourrait bien être inspirée d'une phrase contemporaine de Christoph Friedrich Cotta, complétée par une formule imitée de la rhétorique de Napoléon Bonaparte11.

Personnalités ayant participé à cette bataille

Du côté des troupes françaises
François Marie d'Aboville (1730-1817), général, commandant l’artillerie.
Martial Bardet (1764-1837), alors capitaine à la 49e demi-brigade.
Augustin-Daniel Belliard (1766-1832), capitaine des engagés volontaires, lors de la bataille, au milieu de la canonnade, il transmet d’un corps d’armée à un autre, les ordres de Beurnonville.
Jean Ernest de Beurmann (1775-1850), alors capitaine.
Charles-François Dumouriez (1739-1823), général, il commandait une partie des troupes.
Simon Duplay (1774-1827), menuisier et révolutionnaire, membre de la famille Duplay. Il y perd une jambe et est appelé Duplay Jambe de Bois.
Pierre Dupont de l'Étang (1765-1840), alors adjudant général lieutenant-colonel, il combattit vaillamment.
Dominique François Xavier Félix (1763-1839), alors adjudant-général, il prit une part glorieuse à la bataille.
Joseph Diaz Gergonne (1771-1859).
Paul Grenier (1768-1827), alors capitaine.
François-Christophe Kellermann (1735-1820), général, il commandait une partie des troupes.

Pierre Choderlos de Laclos (1741-1803), écrivain français, (auteur des Liaisons Dangereuses), commissaire au ministère de la Guerre où il a la charge de réorganiser les troupes de la jeune République, grâce à ses activités, il participe de façon décisive à la victoire.
Adelaïde Blaise François Le Lièvre de La Grange (1766-1833), alors colonel.
Louis-François Lejeune (1775-1848), alors engagé volontaire.
Nicolas Luckner (1722 et mort guillotiné à Paris en 1794), est un militaire français d’origine germanique. Maréchal de France en 1791, commandement de l’armée du Nord, il est relevé de ses fonctions.
Francisco de Miranda, (1750-1816), militaire vénézuelien, révolutionnaire des indépendances de l’Amérique latine, alors maréchal de camp.
Jean-Bernard Gauthier de Murnan, (1748-1796), alors colonel.
Le Duc de Chartres à Valmy, 1792, Éloi Firmin Féron, 1848, Ministère de la Défense (France). Le duc de Chartres (futur roi Louis-Philippe Ier) et son frère le duc de Montpensier rendant compte de la bataille de Valmy au maréchal de Rochambeau, prés du moulin de Saint-Sauve (20 septembre 1792). Louis-Philippe d'Orléans (1773-1850), alors lieutenant-général.
Antoine d'Orléans (1775-1807), frère du précédent
Pierre Claude Pajol (1772-1844), alors lieutenant des grenadiers des futures colonnes infernales.
Auguste Marie Henri Picot, marquis de Dampierre (1756-1793), alors colonel.
Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière, alors colonel.
Gabriel Adrien Marie Poissonnier Desperrières (1763-1852), alors colonel, il commandait 2 500 grenadiers qui firent des prodiges de valeur à la bataille.
Jean Étienne Philibert de Prez de Crassier dit Deprez-Crassier (1733-1803), général commandant l'avant-garde des troupes françaises.
Pierre Riel de Beurnonville (1773-1850), alors lieutenant-général, il commandait l’avant-garde de Dumouriez.
David-Maurice-Joseph Mathieu de La Redorte (1768-1833), alors capitaine.
Jean Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1752-1821), général, il commandait une partie des troupes.
Claude Testot-Ferry (1773-1856), alors simple engagé volontaire au 10e régiment de chasseurs à cheval.
Benjamin Zix (1772-1811), dessinateur au quartier général de la Grande Armée, il a réalisé les croquis de la bataille.

Du côté des attaquants
Charles-Guillaume-Ferdinand, duc de Brunswick-Lunebourg (1735-1806), général et prince allemand. Il commandait les forces attaquantes.
Charles Joseph de Croix, comte de Clerfait (1733-1798), il commandait le corps des 12.000 Autrichiens et coupe la communication entre Longwy et Montmédy.
Louis de Frotté (1766-1800), alors colonel-général des forces émigrées.
Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), poète, romancier et dramaturge allemand, également scientifique, il est à la bataille de Valmy aux côtés du duc de Saxe-Weimar.

A mon avis, dans l'histoire militaire républicaine, il existe de meilleur exemple de victoire....Allons savoir pourquoi celui-ci dure...
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frederic
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